Si la Corée à travers les cinq courts métrages du programme Claustrophobia semble un pays malade de son propre capitalisme et de ses injustices sociales, en revanche son cinéma, porté par de nouveaux auteurs intransigeants, est en parfaite santé.

A quoi reconnaît-on un film sud-coréen ?

La violence extrême Inoubliable est la scène de Old Boy (2003) de Park Chan-Wook où Choi Min-Sik affronte une armée d’adversaires avec son seul marteau. Cependant, cette violence est toujours stylisée et le gore n’exclue pas l’élégance formelle. Le soin apporté aux décors de neige et de forêts dans J’ai rencontré le Diable (2010), transforme le récit policier en conte de fée cruel. Trop prendre au sérieux la violence des films de Park Chan-Wook ou Kim Jee-Woon revient à manquer leur caractère surréaliste.

La critique politique et sociale On connait la Corée opulente de la coupe du monde de 2002, celle de l’empire Samsung et du Gangnam Style. Les auteurs du nouveau cinéma de genre n’auront de cesse de révéler l’autre face du miracle économique, explorant un pays sombre et hanté. L’œuvre de Bong Joon-Ho est à cet égard exemplaire : dans Memories of Murder (2003), The Host (2006) et Mother (2009), il révèle les monstres qui prospèrent sur l’amnésie des années de dictature, la corruption et un capitalisme destructeur.

L’humour très noir Il en faut une bonne dose pour supporter le voisinage d’une dynastie aussi ubuesque que celle des Kim. Dans Old Boy, on ne s’étonnera pas de voir le héros avaler un poulpe vivant ou, dans Save the Green Planet (Jang Joon-Hwan, 2003), un homme d’affaires être confondu avec un extraterrestre. Le mélange des genres est souvent de mise : dans Confession of Murder (2012) de Jeong Byeong-Gil, on passe du thriller tendu sur la traque d’un serial killer à une comédie d’action délirante à la Jackie Chan.

Eux-aussi violents, critiques et d’un humour mordant, les courts métrages qui composent Claustrophobia s’inscrivent dans la tradition du cinéma de genre coréen.

Stéphane du Mesnildot

Dossier de presse @ 2015 Agence du court métrage