(1) Notons que dans la société sri lankaise se juxtaposent des communautés qui diffèrent par la langue, la religion et les structures sociales. D’origine indo-européenne (du nord de l’Inde) et à grande majorité bouddhiste, la communauté cinghalaise est la population majoritaire dans le pays. La population tamoule, d’origine dravidienne (sud de l’Inde), est scindée en deux ensembles : les Tamouls « autochtones » et les Tamouls des plantations, qui ont un statut et des intérêts très différents. Les Tamouls « autochtones », présents bien avant la colonisation aux côtés des Cinghalais, ont le sentiment d’être, tout comme ces derniers, des « enfants du sol » et non des immigrés. Les Tamouls des plantations, arrivés au XIXe siècle, ont été utilisés, sous la domination britannique, comme main-d’œuvre dans les plantations du centre du pays, enclavées dans des régions à forte majorité cinghalaise. Leur part dans la population totale a fortement décru, soit par retour en Inde, soit par absorption dans la catégorie des Tamouls autochtones.

Les démons qui agitent Sri Lanka, par Anthony Goreau-Ponceaud © ACOR, 2018