Cinéma de marcheur, comme celui de Herzog bien qu’en un tout autre sens. Cinéma de gisant, aussi, comme celui de Duras bien qu’en un tout autre sens également. Cinéma debout, cinéma couché. Façons d’éveillé, façons d’endormi. Les deux vont ensemble. Les patients d’À la folie se dressent volontiers sur leur lit pour hurler ou pour rire, pour appeler, pour pisser contre un mur… Ils s’y couchent pour dormir, mais ils s’en font aussi un abri, une forteresse. Ils y multiplient les gestes aussi précis qu’absurdes, tel ce We Shensong qui s’habille, se déshabille, étend ses chaussettes sur son oreiller, se lève et se recouche, retire et remet son bonnet, sort de la chambre et y retourne, à la poursuite d’un sommeil qui ne vient pas.