La raison en feu
4e de couverture
En préalable, Carole Desbarats réfléchit ici autour de la nécessaire distinction entre films-dossier et œuvres d’art qui mettent en scène des personnages atteints de folie. Une fois l’exigence artistique posée en prémisse, on ne saurait alors se priver des apports de ceux pour qui les « fous » sont d’abord des patients, au sens étymologique du mot, des humains qui souffrent. Cet ouvrage comporte donc deux textes demandés à des psychiatres. Le premier est de Paul Brétecher : il propose un état des lieux de la psychiatrie. Puis vient celui d’un pshychanalyste cinéphile, Jean-Claude Polack ; il s’y intéresse à un film majeur, Shining de Kubrick, dont il interroge le « délire nostalgique ».
Mais le cinéma ne nous a pas présenté que des portraits cliniques, il est aussi traversé d’autres figures, celles de fous de Dieu. François Angelier cerne pour nous le terrible scandale du sacrifice mystique à la fois envisagé comme doctrine catholique et dans le film d’un récent catéchumène : Lars von Trier. En cette fin de siècle vrillée par la question du religieux, la question est d’actualité. Enfin, il fallait aussi faire une place à ceux qui interrogent à leur manière l’ordre et la raison du monde, pour le désorganiser avec science et jouissance, les burlesques, avec au premier chef, Jerry Lewis ; il revenait à la coordinatrice de cet ouvrage de le faire.